Des journées de pluie interminable... Enfin, le soleil brille. Je décide d'aller à pied au boulot. Bon pour les os, les muscles, l'esprit, les poumons.
Pour ces circonstances j'ai des voies de promenades dans mon Amterdam. Non pas petits chemins sinueux dans la montagne mais quais ombragés longeant des eaux frétillantes, ruelles encombrées de verdure qui poussaille haute, longitudes de traînées un jour apprivoisées, puis rendues au chaos.
Elles sont devenues rares, au centre d'Amsterdam, ces routes de poète, mais elles existent encore, pour celui qui veut bien chercher, et payer le prix du détour. Je pars vingt minutes plus tôt. C'est le surplus en rapport au tram. Tous les matins, et tous les soirs, je vois les cyclants, prisonniers de colonnes fanatiques, et leur regard me fait froid au coeur. Fixé, avide. Décidés à gagner quelques minutes de plus. Leur différence entre le stress et le relax.
Le choix de ma route dépend de la météo. Pluie: sous les avents, canicule: ombre.
Aujourd'hui ma course me mène le long d'un canal bucolique bordé d'un saule géant dont les branches effleurent pensivement sa surface. Peuplé de colverts h/f et leurs flottilles de rejetons, ainsi que de 7 oies blanches. De 5 jars et de 2 oies, plus précisément. Et de poules d'eau, et d'aigrettes. Récemment, des immigrés, un couple d'oies du Nil s'y sont installées. Elles ont pondu et couvé: le nombreux résultat padouille dans tous les sens. Tout à coup un cri préhistorique survole le canal. c'est un héron, moderne ptérodactyle.
Sur ma droite un rosier se jette sur le trottoir. Cela la déhanche visiblement - c'est une femelle, évidemment. une dame, même. Des fleurs énormes. Vieux violet. Je m'arrête et je mets mon nez dedans. Délicieux! "Que vous avez de belles fleurs, madame" lui dis-je "et que vous sentez bon!". Tout à coup une petite feuille se trouve dans la paume de ma main. Je veux la jeter quand je me ressaisis: c'est la rose qui a déposée cette petite feuille dans ma main. C'est un cadeau, un merci. Pour l'attention, le compliment.
Je continue mon chemin, avec la petite feuille. La route se déroule, pleine de toutes les choses qui s'y trouvent. La petite feuille de remet dans ma tête. Ce n'est pas un cadeau normal. C'est un souvenir. La belle rose m'a fait don de quelque chose qui me la rappellera. Plus tard.
La petite feuille est toujours sur mon bureau. Lorsque les atrocités de la vie m'attaquent et que leurs tentacules grises arrivent presque à asphyxier mon âme, je regarde la petite feuille, et je vois et je sens la belle rose.
Jamais je n'ai eu de plus beau cadeau.

Comments
Post a Comment